Chères et chers amis du cyclo

  

GABY HAUMIER

CHAMPION DÉPARTEMENTAL DE CYCLOCROSS 

On ne le croyait pas en forme, car depuis le début de la saison Gaby Haumier ne figurait plus dans les 1ères places des cyclocross comme il nous avait habitué les saisons précédentes. Gaby avait bien caché son jeu car ce dimanche au Porge Océan, il a remis les pendules à l’heure en remportant de remarquable manière le titre de champion départemental de cyclocross dans la catégorie 40/49 ans.

Félicitations à Gaby pour ce nouveau titre et qui du même coup conserve son maillot acquis en 2018.

 Dans la catégorie 20/29 ans, une très belle satisfaction avec la 2ème place obtenue par Julien Génibel derrière l’intouchable champion national Benjamin Gélabert.

Un grand bravo à Laurent Catalogne, Bruno Lemoine, Thibault Morranviller et Sylvain Barrère qui ont participé de fort belle manière à ce championnat départemental.

Vous trouverez des photos prises par Éric Génibel et Marc Barrère sur le lien suivant :

https://photos.app.goo.gl/zjj9wQx6E86p5HZt8

 

Prochain cyclocross :

Dimanche 15 décembre 2019 : Lormont Parc du Grand Tressan

Départ à 13h30 pour les 11/12 ans,13/14 ans, 15/16 ans et féminines.

Départ à 14h30 Initiation pour les enfants de – de 12 ans.

Départ à 15h00 pour les 1ères, 2ème, 3ème et 4ème catégorie.

Inscriptions : 7 € pour les jeunes 3 € et initiation gratuite pour les enfants de – de 12ans

Contact: La roue Lormontaise

 

Rappel : Sortie Montagne et repas de la galette des rois :

Vous avez dû recevoir sur votre boite aux lettres informatique les bulletins d’inscription pour la sortie montagne à Aspet qui se déroulera les 30/31 mai et 1er juin 2020 et pour le repas de la galette des rois qui se tiendra le samedi 18 janvier 2020 à St-Loubès. Donc pensez à les remplir et à nous les renvoyer pour celles et ceux qui sont intéressés pour participer à ces manifestations organisées par le club.

 

Distribution des vêtements : 

La société Colombsport nous a informés que les vêtements du club seraient disponibles avant Noël. Donc, dés que nous aurons la date de livraison, nous vous indiquerons le jour de la distribution.

 

Calendrier du club :

  • Samedi 18 janvier 2020 : repas de la galette des rois.
  • Dimanche 1er mars 2020 : Course cycliste des sirops Meneau à St-Loubès.
  • Samedi 27 avril 2020 : randonnée cyclotouriste La Loubésienne.
  • 30/31 mai et 1er juin 2020 : sortie montagne du club à Aspet.

 

Sorties club de la semaine :

Horaire de départ pour les lundis, mercredis et samedis : 14h00

Ecole de vélo le mercredi après-midi, départ à 14h30.

DÉPART ET ARRIVÉE DES SORTIES : AU LOCAL DU CLUB, SITUÉ : 41 BIS RUE DU STADE A ST-LOUBES.

Les détails des parcours sont visibles et disponibles sur le site internet du club sur le lien suivant : http://www.saint-loubes-cycloclub.fr/index.php/parcours-de-la-semaine

Pour celles et ceux bénéficiant de compteur GPS, ils ont également la possibilité de télécharger les parcours, via le site internet « openrunner » 


 

Chères et chers amis du cyclo

Mardi 03 décembre 2019, au local du club,

à partir de 18h30, réunion mensuelle

consacrée aux randonnées cyclosportives et cyclotouristes 


Toutes nos félicitations à notre championne cycliste Julie Blanc

 qui vient de remporter le titre de Miss Elégance Aquitaine

 

Difficile fin d’année pour Frédéric Gesson qui, jeudi soir, s’est cassé la clavicule en chutant sur la piste du vélodrome de Bordeaux-Lac et pour Thierry Condou victime vendredi d’un accident de vélo avec un scooter. Conséquence de sa chute : triple fracture du fémur pour Thierry !

Frédéric ne devrait pas être opéré mais Thierry a dû subir ce samedi une opération pour lui poser une vis afin de réduire les fractures. On leur souhaite à tous les deux beaucoup de courage pour leur rééducation.

 

Nous attaquons le dernier mois de cette année 2019 et la pluie ne cesse de s’abattre sur la Gironde. Dur dur pour les cyclistes, ces conditions météos, donc profitez-en pour entretenir votre forme physique en pratiquant d’autres disciplines sportives comme par exemple le jogging, la marche ou la natation, pensez également à faire quelques séances abdominales. Et si vous optez pour une suspension de vos activités sportives, profitez-en pour récupérer, en vous consacrant à rattraper un peu de lecture ou en allant voir quelques bons films dans vos salles de cinéma préférées. Il n’est pas exclu de faire également quelques excès culinaires, mais sachez qu’il vous faudra par la suite redoubler d’ardeur pour perdre les quelques kilos superflus pris durant cette période !!!!

 

Réunion mensuelle consacrée aux randonnées cyclosportives et cyclotouristes 

Mardi 3 décembre à partir de 18h30 au local du club, nous tiendrons une réunion consacrée aux randonnées cyclosportives et cyclotouristes pour la saison 2020. On vous communiquera le calendrier des différentes épreuves cyclosportives et cyclotouristes, en particulier celles qui se dérouleront dans la région de la Nouvelle Aquitaine. On regardera comment on peut s’organiser pour se rendre ensemble sur certaines comme par exemple l’Ariégeoise qui se déroulera le 27 juin 2020. N’hésitez pas à venir à cette réunion, à faire part de vos projets et peut-être à les faire partager par d’autres.

 

Cyclo-cross :

Bravo aux Loubésiens qui ont participé ce dimanche au 1er cyclocross organisé à Frontenac par le club des « Chevreuils VTT »

Photos prises par Eric Génbel :

https://photos.app.goo.gl/1EtkM3zjoHtxoLUS8

Prochain cyclocross en Gironde : Championnat départemental UFOLEP

Dimanche 8 Décembre 2019 : Le Porge océan camping « La Grigne »

Championnat départemental de cyclocross

09h30 : Accueil et Émargement des coureurs.

Avant le début de l’épreuve, chaque concurrent devra présenter obligatoirement sa licence UFOLEP et sa carte cyclocross pour être autorisé à prendre le départ.

10h15 : 40-49 ans (50mn) / 50-59 ans (50mn) / 60 ans et plus (40mn)

11h30 : 13-14 ans H et F (20mn) / 15-16 ans H et F (30mn) / Féminines adultes (30mn)

De 12H à 14H : PAUSE DEJEUNER, Buvette

14h00 : Initiation jeunes cyclo-crossmen UFOLEP

14h30 : 17-19 ans (40mn) / 20-29 ans (50mn) / 30-39 ans (50mn)

16h30 : Remise des récompenses et vin d’honneur

Contact: O2LP

Attention : Championnat départemental de cyclocross du 08/12/2019 au Porge

Pour celles et ceux qui désirent participer au championnat départemental de cyclocross : Inscriptions uniquement sur le site http://www.ufolep-cyclisme.org

Menu « calendrier national » rubrique « je consulte/je m’engage »
Jusqu’au lundi 2 décembre 2019 (délais de rigueur)
AUCUN ENGAGEMENT SUR PLACE NE SERA POSSIBLE

Attention : Pour pouvoir y participer, il faut avoir couru cette saison au moins 2 cyclocross en Gironde.

 

Sortie Montagne et repas de la galette des rois :

Vous avez dû recevoir sur votre boite aux lettres informatique les bulletins d’inscription pour la sortie montagne à Aspet qui se déroulera les 30/31 mai et 1er juin 2020 et pour le repas de la galette des rois qui se tiendra le samedi 18 janvier 2020 à St-Loubès. Donc pensez à les remplir et à nous les renvoyer pour celles et ceux qui sont intéressés pour participer à ces manifestations organisées par le club.

 

Calendrier du club : 

  • Mardi 03 décembre 2019 : réunion du 1er mardi du mois consacrée aux épreuves cyclosportives et cyclotouristes.
  • Samedi 18 janvier 2020 : repas de la galette des rois.
  • Dimanche 1er mars 2020 : Course cycliste des sirops Meneau à St-Loubès
  • Samedi 27 avril 2020 : randonnée cyclotouriste La Loubésienne.
  • 30/31 mai et 1er juin 2020 : sortie montagne du club à Aspet

 

Sorties club de la semaine : 

Horaire de départ pour les lundis, mercredis et samedis :14h00

Ecole de vélo le mercredi après-midi, départ à 14h30.

DÉPART ET ARRIVÉE DES SORTIES : AU LOCAL DU CLUB, SITUÉ : 41 BIS RUE DU STADE A ST-LOUBES.

Les détails des parcours sont visibles et disponibles sur le site internet du club sur le lien suivant : http://www.saint-loubes-cycloclub.fr/index.php/parcours-de-la-semaine

Pour celles et ceux bénéficiant de compteur GPS, ils ont également la possibilité de télécharger les parcours, via le site internet « openrunner » 


 

Chères et chers amis du cyclo

 

En ce mois de novembre qui s’achève, mieux vaut regarder la météo avant de se décider à enfourcher son vélo de route…. Ceux qui étaient sur la sortie du club samedi après-midi me comprendront….

Heureusement, la journée de dimanche fut quand même nettement plus agréable à Cenon où se déroulait le cyclocross du parc Palmer. Sur un circuit tracé par notre jeune ami et champion Julien Génibel, nous avons dénombré 120 participants + 16 enfants de – de 12 ans qui ont pu s’initier à cette discipline cycliste.

Encore un grand merci à la trentaine de bénévoles qui ont aidé à l’organisation, à toutes les dames du club qui avaient fait des crêpes et gâteaux qui ont connu un grand succès parmi les spectateurs et les coureurs, à Sandrine Mannet et toute la CTD de cyclocross de l’UFOLEP

ainsi qu’à Xavier Rodet pour son animation.

Merci à Bernard Favre conseiller municipal de Cenon, pour son aide très précieuse pour l’organisation de ce cyclocross, à Mr. Jean François Egron, maire de Cenon, Mr. Max Guichard adjoint au maire et chargé des sports, qui avaient tenu à être présents lors de la remise des trophées.

Vous trouverez des lundi des photos prises par Eric Génibel et Bernard Soteras sur le lien suivant :  

https://photos.app.goo.gl/VXxW9TePBTpLj8Ut8

et d’Hervé Bidou sur le lien suivant :

https://photos.app.goo.gl/23Yd4nq9q8rGS9NZ9

 

Cyclo-cross :

Victoire de Sébastien Junqua

Bravo aux 11 courageux Loubésiens qui ont participé au cyclocross du Parc Palmer à Cenon ce dimanche, particulièrement à Hugo Beaugeard qui courait son 1er cyclocross.

 

Prochain cyclocross en Gironde :

Dimanche 1er Décembre 2019 à Frontenac, impasse des prairies

Départ à 13h30 pour les 11/12ans, 13/14 ans, 15/16 ans et féminines.

Départ à 14h30 Initiation pour les enfants de – de 12 ans.

Départ à 15h00 pour les 1ères, 2ème, 3ème et 4ème catégorie.

Inscriptions : 7 €   pour les jeunes 3 € et initiation gratuite pour les enfants de – de 12ans

Contact: Chevreuils VTT

 

Attention : Championnat départemental de cyclocross du 08/12/2019 au Porge

Pour celles et ceux qui désirent participer au championnat départemental de cyclocross : Inscriptions uniquement sur le site http://www.ufolep-cyclisme.org

Menu « calendrier national » rubrique « je consulte/je m’engage »
Jusqu’au 2 décembre 2019 (délais de rigueur)
AUCUN ENGAGEMENT SUR PLACE NE SERA POSSIBLE

Attention : Pour pouvoir y participer, il faut avoir couru cette saison au moins 2 cyclocross en Gironde.

 

Revue de presse du Sud Gironde (journal Sud-ouest du 22/11/2019) :

  

Calendrier du club :

  • Mardi 03 décembre 2019 : réunion du 1er mardi du mois consacrée aux épreuves cyclosportives
  • Samedi 18 janvier 2020 : repas de la galette des rois.
  • Dimanche 1er mars 2020 : Course cycliste des sirops Meneau à St-Loubès
  • Samedi 27 avril 2020 : randonnée cyclotouriste La Loubésienne.
  • 30/31 mai et 1er juin 2020 : sortie montagne du club à Aspet

 

Sorties club de la semaine : 

Horaire de départ pour les lundis, mercredis et samedis : 14h00

Ecole de vélo le mercredi après-midi, départ à 14h30.

DÉPART ET ARRIVÉE DES SORTIES : AU LOCAL DU CLUB, SITUÉ : 41 BIS RUE DU STADE A ST-LOUBES.

Les détails des parcours sont visibles et disponibles sur le site internet du club sur le lien suivant : http://www.saint-loubes-cycloclub.fr/index.php/parcours-de-la-semaine

Pour celles et ceux bénéficiant de compteur GPS, ils ont également la possibilité de télécharger les parcours, via le site internet « openrunner ».


 

Disparition. Raymond Poulidor,

une histoire de France

La famille Leroy, lors de la dédicace du livre de Raymond Poulidor à St-Eulalie le 14 juin dernier

Jeudi, 14 Novembre, 2019

Jean-Emmanuel Ducoin (journaliste au journal L’HUMANITÉ et qui a écrit plusieurs livres sur le cyclisme en particulier sur Laurent Fignon, le tour de France et sur le dopage avec l’affaire Lance Armstrong

L’« éternel deuxième » du Tour de France s’est éteint à l’âge de 83 ans. Coureur doué au palmarès impressionnant, il fut le sportif français le plus populaire. Sa rivalité avec Jacques Anquetil restera légendaire.

Une fabrique à mémoire, l’entr’aperçu d’une époque en tant que genre. Un résidu du rêve usiné par la conscience populaire, celle d’un temps si loin et si proche, lorsque, devant leurs yeux et dans leur cœur, les Français prenaient chair par l’intermédiaire des exploits pédalants de leurs semblables, hommes du peuple durs à la tâche, les « forçats de la route ». Avec la mort de Raymond Poulidor, terrassé par « une grande fatigue » à l’âge de 83 ans dans la commune limousine où il résidait, à Saint-Léonard-de-Noblat, c’est un peu notre vie « d’avant » qui disparaît dans l’écho du chagrin national, une singulière idée du récit collectif d’après-guerre, comme s’il n’y avait plus sur nous d’autre vêtement qu’un lambeau de rage et de stupeur mâtinée d’une tendresse infinie. Ce qui prend fin en cet instant, alors que pour beaucoup l’invisibilité des exploits du champion garantit sa présence dans les esprits, ce n’est pas ceci ou cela que d’autres générations – nos aïeux – auraient partagé par procuration à un moment ou à un autre, c’est un bout de l’histoire de France même, une certaine origine de notre pays, la sienne sans doute mais celle aussi dans laquelle nous nous façonnâmes sans forcément le comprendre. Ce que Raymond Poulidor emporte avec lui, c’est autre chose que sa personne. C’est la course cycliste en elle-même, à peine plus vieille qu’un homme parvenu au bout de la vie, qui, tel un corps couvert de cicatrices, continue de nous raconter les douleurs et les plaisirs, les échecs et les victoires. Il en fut l’incarnation totale.

« Je rêvais de devenir Marcel Cerdan »

L’existence joue des tours. Né le 15 avril 1936 dans une famille modeste des Gouttes, hameau d’un petit village de la Creuse, Masbaraud-Mérignat, où, « comme pour tout bon paysan, la pluie était toujours bienvenue », comme il le répétait souvent, Raymond Poulidor ne s’imaginait pas en cycliste, encore moins en idole indépassable du peuple. À propos de sa jeunesse, il nous confia un jour les racines de sa principale blessure : « À 10 ans, les poings entourés de chiffons, je passais mon temps dans la grange familiale à taper dans un sac de farine. Alors que les vaches ruminaient dans l’étable et que mes parents se reposaient des travaux des champs, j’épuisais mon énergie de gamin à frapper un sac aussi grand que moi, les mains en sang. Je rêvais de devenir celui que j’avais découvert dans les pages de l’hebdomadaire sportif Miroir Sprint, Marcel Cerdan. » Et il précisait, ému : « Lorsque j’ai appris sa mort en 1949, j’ai été terrassé. L’espoir m’avait abandonné. J’ai renoncé à ma vocation. Et je suis devenu un petit fermier qui allait faire les courses… à vélo. »

Après une enfance sans confort mais plutôt enchantée à truster les bouquets dans les courses régionales pour « durs à cuire », Poulidor ne passa professionnel que tardivement, accaparé par les travaux des champs puis ses obligations militaires. En 1960, huit années après avoir disputé sa première course, il signa son premier contrat au sein de l’équipe Mercier, dirigée par son futur mentor, Antonin Magne. Les fameuses couleurs Mercier, ancrées dans la mythologie, auxquelles il resta fidèle tout au long d’une carrière qui s’étira sur dix-huit saisons et s’acheva à 40 ans passés. Un autre temps, n’est-ce pas. Celui du général de Gaulle et de Maurice Thorez, celui de Georges Pompidou et des chanteurs yé-yé, celui du dopage « à la papa » qui jamais n’aurait transformé un « cheval de labour en pur-sang », bref, celui d’un cyclisme « à l’ancienne » qui réclamait des forces de la nature – il en disposait – et des caractères à toute épreuve. La France qui se retrouvait alors par lui dessinait les contours surannés d’un Hexagone de salle de classe, carte éclatante et chamarrée d’un territoire saisi dans ses limites et sa grandeur, ses gouffres et ses aspérités, honoré par un peuple uni dans une ferveur chaque année recommencée : le Tour de France, encore narré à l’imparfait du subjonctif par ceux qui firent sa légende, les « écrivants », qu’ils furent journalistes ou écrivains, voire les deux. Douceur du rêve partagé en mode identificatoire, doublée de la violence de l’utopie : selon la façon, naïve ou lucide dont on le considère, le Tour d’alors oscillait entre un doux rêve un rien infantile – « notre Noël en été », comme aimait à le ressasser Louis Nucéra – et une utopie sans merci. Raymond Poulidor personnifia les deux avec une générosité sans limite.

Doté de cette mine resplendissante de paysan limousin, il devint donc le symbole d’une certaine France, toutes classes confondues. Avec Jacques Anquetil, ils avaient fini par la couper en deux. Comment, en effet, évoquer la figure de « Poupou » en la dissociant de celle du « grand Jacques » ? Dans ce voyage au bout de la mémoire, l’un et l’autre inséparables dans toute leur dualité et antithèse furent les personnages clefs d’un mode onirique rare, singulièrement lors de leurs duels sur la Grande Boucle. L’opposition Anquetil-Poulidor demeure ce qui refléta le plus cette époque. Comme l’expression d’un clivage irréconciliable. Et pourtant les deux faces d’une même pièce. Car les foules ne donnent pas leur cœur aussi aisément, ni en toute impunité. Les exploits et les régences ne suffisent pas. Notre maître Cyrille Guimard l’exprime mieux que quiconque : « Par une singulière alchimie, après victoires et gloire, Anquetil fut le mal-aimé des spectateurs. Lui avait tout gagné ou presque, mais les Français le boudaient, préférant à sa science innée l’esprit besogneux d’un Poulidor, toujours plus ou moins magnifique dans les défaites. » Et Guimard ajoute : « Anquetil enviait à en crever la popularité de Raymond. Et vous savez pourquoi ? Parce que Poulidor est devenu une star et une icône sans jamais le vouloir. Il n’en a jamais rajouté dans le pathos ou le cabotinage. Il était juste là. Et avec son air placide, il en imposait. (…) À un moment ou à un autre, chacun pouvait se reconnaître en lui. Imaginez le balayeur dans une usine : le jour où il n’a pas été nommé chef balayeur parce qu’il était malade, c’était un Poulidor incarné. Anquetil : il y avait en lui le dominant, l’aristo. Poulidor : il y avait en lui le dominé, l’ouvrier. On aimait Poulidor, on l’applaudissait. On se plaisait à détester Anquetil, à le siffler. Poulidor était encore l’incarnation de cette démesure des forçats de la route qui se donnait à voir dans le spectacle d’un travail de souffrance, rétablissant l’homme dans la dignité de sa condition. Le divorce était consommé entre deux France. Et Poulidor était du bon côté, du côté du peuple. Que cela plaise ou non, c’était vécu ainsi. Les riches et les pauvres. » (1)

Un Poupou pas toujours second

S’il paraît que les mythes durent, celui qui consiste à désigner Poupou comme l’« éternel second » aura alimenté les décennies écoulées. Vrai : pour le Tour de France. Sur lequel il ne portera jamais le maillot jaune bien qu’il montât à huit reprises sur le podium final entre 1962 et 1976. Faux : pour le reste. Son palmarès est même l’un des plus riches du cyclisme tricolore : 189 victoires, dont Milan-San Remo (1961), la Flèche wallonne (1963), Paris-Nice (1972, 1973), le Critérium du Dauphiné libéré (1966, 1969), le Tour d’Espagne (1964) et sept étapes du Tour. « Je suis devenu un nom commun, s’amusait-il. Tous les jours il y a un Poulidor à la radio, à la télévision. Dès qu’il y en a un qui fait 2e à la pétanque par exemple, c’est un Poulidor. » Entrer ainsi dans l’histoire par l’appropriation populaire, voilà qui n’est pas donné à tout le monde. Poulidor muta en antonomase, une figure de rhétorique consistant à prendre un nom propre pour véhiculer le contenu d’une idée, comme Crésus pour la richesse, Mozart pour la virtuosité, Dom Juan pour la séduction…

Mais depuis longtemps, Poulidor avait déjà gagné un surnom éternel. Dans le fracas jubilatoire de cet âge d’or de l’écrit, en compagnie des Jacques Goddet, Pierre Chany, Antoine Blondin et René Fallet, deux immenses journalistes de l’Humanité se disputaient la vedette dans nos colonnes. L’un était anquetiliste définitif : Abel Michéa. L’autre poulidoriste irascible : Émile Besson. Ce dernier (2), héros lui aussi de la Résistance mais qui savait ne pas jouir de la « renommée littéraire » de ses illustres collègues, inventa le sobriquet inoubliable et incontournable : Poupou. « C’est l’une des choses dont je suis le plus fier, expliquait Émile Besson en 2003. Non seulement j’avais trouvé Poupou, mais j’ai cloué le bec à Michéa, Fallet et Chany ! Pouli… Poupou… Comme dans le patois auvergnat, tous les prénoms finissent en ou, j’ai choisi Poupou. La première fois, je m’en souviens, c’était dans l’Écho du Centre, journal pour lequel je faisais une pige. “Vas-y Poupou !” avais-je titré… Rigolade immédiate de Pierre Chany, un autre anquetiliste, qui buvait le coup avec René Fallet. “Tu as l’air de quoi avec ton Poupou ?” Fallet rajoute : “Mais t’es fou ! Est-ce que Pélissier se faisait appeler Pépé ?” Puis on trinque, et tout le monde plaisante, moi le premier… Sauf que… Sauf que l’expression, dès le lendemain, est reprise par un confrère, puis par un deuxième. Puis c’est Abel lui-même qui titre “Poupou et la nounou”, au sujet d’Antonin Magne. Puis Jacques Goddet la reprend à son tour dans l’Équipe. “Poupou” était définitivement adopté… » (3)

Fauché par une moto officielle

Dans l’imaginaire commun, l’aventure cycliste de Poupou se confond avec celle de ses malheurs sur la Grande Boucle, dont il prit quatorze fois le départ sans jamais la remporter. Une véritable anomalie pour l’un des Géants de la Route les plus doués de son époque, excellent grimpeur, mais souvent victime d’une infortune si fréquente qu’elle confina parfois à la fatalité et « érigeait la malédiction en vertue rayonnante », comme l’écrivait Blondin. Comme sur le Tour 1964, battu pour 55 petites secondes par Anquetil, après avoir lâché bêtement du temps dans plusieurs étapes anodines, prélude au face-à-face célèbre du Puy-de-Dôme, quand leurs silhouettes se touchèrent au sommet de l’effort. Ou plus encore celui de 1968, alors qu’il avait course gagnée et qu’il fut fauché en plein effort par une moto officielle. Les années Anquetil, puis la déveine, puis « l’ère » Merckx… Tant d’anecdotes qui nourrissent nos tardives soirées.

Malchanceux, sans doute. Mais populaire, si populaire et si aimé qu’il suffisait de le croiser chaque année sur les routes de la Grande Boucle – spectacle inouï sans cesse réitéré – pour comprendre le lien filial qu’il avait réussi à nouer avec le peuple du Tour. « Parfois, je rentre dans ma chambre d’hôtel et je me demande comment je vivrais si on ne me reconnaissait plus. Le pire dans la vie, c’est l’indifférence », nous déclarait-il, en 2013, un sourire coupable au bord des lèvres. Raymond ou la « vox poupulidor », composée de cris de joie et de scènes d’amour charnel jamais démenties jusqu’à juillet dernier, où il paraissait bien fatigué. Certains lui reprochèrent longtemps son côté « vieille France », près de ses sous, capable de conserver précieusement les tee-shirts glanés sur la caravane. Lui s’en moquait, assumait. Cyrille Guimard se souvient : « Combien de fois ai-je entendu : “Poupou, il a vraiment rien dans la tête.” C’est tout le contraire ! Avec le recul, je considère Poulidor comme l’un des coureurs les plus intelligents que j’aie jamais rencontrés. J’ai couru six ans à ses côtés et j’ai souvent fait chambre commune avec lui, je sais de quoi je parle. Je me suis vite aperçu que c’était un homme réfléchi, intelligent et pragmatique. Accessoirement, c’est aujourd’hui l’un des cyclistes les plus fortunés de sa génération. Raymond a su faire exactement ce qu’il fallait faire pour ne pas se compliquer la vie. Lui aussi n’a jamais voulu être ce qu’il n’était pas – grande qualité. D’autant que, contrairement à la légende populaire, il est relativement cultivé. Et il possède toujours une analyse clairvoyante et simple sur les hommes et les événements. Croyez-moi, de quoi faire pâlir certains intellectuels ! »

Quelques jours avant de succomber à un cancer de l’estomac en 1987, Jacques Anquetil passa un ultime coup de téléphone à Raymond Poulidor : « Tu te rends compte, t’as vraiment pas de chance, tu vas encore faire deuxième. » Les voilà désormais réunis, ces deux monstres sacrés de l’histoire sportive du XXe siècle. À l’heure d’arpenter l’escalier en bois de chêne de la Petite Reine, repensant avec compassion à ses mésaventures qui lui refusèrent la gloire de la victoire en jaune, le chronicœur de juillet n’oublie pas ce que lui confessa un jour Poulidor : « Plus j’étais malchanceux, plus le public m’appréciait, plus je gagnais du fric. Il m’est d’ailleurs arrivé de penser que gagner ne servait à rien. Si j’avais gagné le Tour, on ne parlerait plus de moi aujourd’hui. » Jamais il ne se lamenta. Il profitait d’un don inné : celui de savoir vivre. Comment croire qu’il vient de s’éteindre d’une « grande fatigue »…

(1) Dans les secrets du Tour de France, de Cyrille Guimard, avec Jean-Emmanuel Ducoin, éditions Grasset, 2012. (2) Émile Besson est mort en 2015. (3) Hors-série de l’Humanité édité pour le centenaire du Tour de France en 2003.

Jean-Emmanuel Ducoin


 

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